Terminé in extremis pour le défi Zola du mois de septembre, je viens d'achever Nana. Je l'avais déjà lu, lorsque j'avais une quinzaine d'années et je ne me rappelais qu'une fin bien morne pour Nana. C'est incroyable de voir à quel point j'ai pu oublié les détails de ce roman. Je ne peux donc que me réjouir de l'avoir relu et cela me rends impatiente de relire tous les autres !

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Je ne vais pas revenir sur le fond principal du livre que vous connaissez sans doute pour beaucoup. Nana, prostituée du Second Empire rêve de devenir la reine de Paris. C'est une débauche permanente, teintée néanmoins de bons sentiments, un air de "bonne fille" qui ne la lâche pas. Ce qui m'a marqué, troublée dans cette lecture, c'est la bêtise des hommes. Bêtise est peut-être un terme violent mais leur comportement me semble si surréaliste... Et puis, Zola lui-même l'emploie. " Alors, Nana devint une femme chic, rentière de la bêtise de et de l'ordure des mâles, marquise des hauts trottoirs. " Qu'un homme trompe sa femme, sa famille, avec Nana, une "poule de luxe", je peux le concevoir, je n'irais pas jusqu'à dire que je le comprends mais contextuellement, cela n'a finalement rien de choquant mais qu'il se ruine ! Là, je m'y perds. Comment un homme peut-il perdre à ce point le sens des réalités, des valeurs et ruiner toute sa famille pour satisfaire les caprices d'une prostituée... Et pourtant, ils semblent se jeter dans ses bras avec bonheur : " Il postulait depuis longtemps l'honneur d'être ruiné par elle, afin d'être parfaitement chic. "

Et puis, mon coeur de Parisienne déchue a trouvé un immense bonheur à tourner et tourbillonner autour de Nana dans les rues de mon ancien quartier puis que loin de posséder un hôtel particulier, j'ai vécu pendant longtemps moi aussi autour de la rue Cardinet et de l'avenue de Villiers !

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Edouard Manet, Nana, 1877, Kunsthalle de Hambourg

 

Douce fin de dimanche et belles lectures !